Ce matin, je n'ai pas envie. J'ai envie de rien.
Ici, je suis dans un gouffre, une prison, où seule domine la faible lueur d'une éventuelle sortie. On appelle cela l'Espoir, avec un "E" majuscule. L'Espoir de voir à nouveau un souffle de vie, de sortir de cette putin de vie léthargique où chaque acte est blasphème et hypocrisie. Parlons en de la "crise". Elle monte crescendo depuis des années, sans jamais atteindre son pic... Elle ne redescend jamais, tant que je suis ici, jamais d'accalmie, chaque minute est un ode à la solitude et à une affection feinte pour mes co-détenus, mes gardiens.
Il ne tient qu'a un fil que tout soit envoyé en l'air, à chaque seconde tout peut basculer. L'Evasion sera spectaculaire et sans lendemain. Une fois libre, je vivrais pour de bon, définitivement.
Une fois libre, ces instants lumineux, ces faibles échappatoires qui m'ont été offerts jusqu'à présents feront ma vie de tous les jours. Mes courtes permissions se transformeront en Eternité.
La liberté a toujours fait réver les hommes. Ils l'espèrent, la désirent, la cherchent, et parfois, la trouvent.
Je l'ai espérée, je l'ai désirée, je l'ai cherchée, j'ai trouvé l'Issue de Secours.
Dans un an, je pourrais l'emprunter, enfin.
Pour faire de ces instants merveilleux, tels que j'en ai connus ce week end, une Eternité.
Une vie avec toi...
Parfois, le cours de notre vie ne tient qu'a une rencontre, qui nous apporte tellement, et nous fait savourer n'importe quel instant de Liberté à pleins poumons.
Des yeux neufs, de l'oxygène et un coeur qui bat.
Aurore, le 3 novembre 2009